La Tombe aux 12 Crapules

Composé par Jérôme Monet
Créé par le Laps Ensemble le 27 avril 2019 à l’ancien Théâtre des Baladins à Namur.

Direction : Claude Ledoux
Electronique : Gilles Donneux
Clavier : Nao Momitani
Saxophone : Amaury Geens
Clarinette : Benjamin Maneyrol
Sound Design : Geoffrey François

« D’abord le temps n’existe pas.
Le temps comme réalité objective, ça n’existe pas. Ce que nous ont appris les présocratiques c’est qu’il n’y a que du mouvement. Entre le moment où vous avez quitté votre compagne et le moment où vous avez retrouvé votre compagne, il s’est instauré des mouvements d’existence et il y a eu un espace de mouvements d’existence qui est un mouvement.
Le temps c’est une chronologie, c’est un quantum qui vient sur ce mouvement et qui est une création au rapport social.

La temporalité naît à partir du moment où l’homme étant dépossédé de ses mouvements vont s’instaurer des chronologies récapitulatives.
Avant on avait des signes de mouvements, les cloches sonnaient, mais il n’y avait pas une temporalité-aiguille, une temporalité-mesure.

Le temps n’existe pas objectivement.
Quel temps met la terre pour effectuer tel type de rotation ? La terre ne se pose pas ce problème là. Elle bouge. Le temps qu’elle met pour effectuer cette rotation est une projection analytique de l’humain.

Cette temporalité, elle est profondément culturelle. Et la culture c’est l’aliénation. La culture naît de l’arrachement de l’homme à sa naturalité. Elle est le vêtement de sa dépossession.

Hegel dit : « les hommes de joie n’ont pas d’histoire ».
Ils n’ont pas d’histoire parce qu’ils n’ont pas de temporalité. Ils n’ont pas de temporalité parce qu’ils n’ont pas de cadastre chronologique qui viendrait marquer les temps de la servitude.

Dans la communauté organique les hommes n’ont pas de culture, ils n’ont pas d’art, ils n’ont pas de religion, ils n’ont pas de droit, ils sont en la naturalité du jouir cosmique.

« Les hommes de joie n’ont pas d’histoire », ils n’ont pas de temporalité.
La révolution communiste, l’acte de réappropriation universelle de l’humanité par elle même, abolira l’histoire. Le communisme abolit l’histoire parce qu’il abolit le déchirement qui sépare l’homme de l’homme. Le communisme ouvrira la voie du mouvement naturel cosmique. On mourra, on aura des enfants, on aura des petits enfants… Le mouvement du cosmos s’exécutera mais il n’y aura plus d’histoire. Il n’y aura rien à raconter. Parce que raconter les événements, c’est raconter les événements de notre espacement à nous-mêmes.

Dans une communauté organique réalisée, il n’y aura rien d’autre à se raconter que la joie ici et maintenant de la naturalité dans laquelle nous vivons en interaction avec les autres et avec la nature. »

Texte construit sur base de l’enregistrement d’un entretien avec Francis Cousin

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